Ancien instituteur, maître formateur et directeur d'école de 1986 à 2001 à Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise), j'ai pratiqué la pédagogie institutionnelle dans mes classes et m'y suis formé, en groupe avec Jacques Pain, dans des stages avec Fernand Oury. J'ai été responsable dans des stages du CEÉPI. Je reste impliqué dans les réseaux et groupes qui s'y réfèrent.
Maître de conférences en sciences de l'éducation de septembre 2008 à août 2019 à l'université de Cergy-Pontoise, je suis aujourd'hui professeur des universités dans cette même université et membre du laboratoire ÉMA (École, Mutations, Apprentissages) - EA 4507. Dans certains cours, je mets les étudiants en situation de s'initier à la pratique de la pédagogie institutionnelle.
Après avoir étudié l'autorité dans la relation éducative et pédagogique, je souhaite désormais faire de la recherche-action de pédagogie, avec des enseignants et des équipes d'écoles qui pratiquent des pédagogies coopératives, institutionnelles, alternatives.
La mise en vente de la clinique de La Chesnaie à Chailles ne doit pas faire disparaitre ce précieux lieu d’inventivité et de soin, qui travaille depuis sa fondation par le docteur Jeangirard dans la perspective de ce que nous appelons la psychothérapie institutionnelle. L’équipe soignante est en train de monter un projet formidable pour permettre la continuité de la clinique, mais a besoin d’informer un maximum de collègues et d’avoir notre appui.
Il s’agit de créer une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) qui associera soignants, patients et amis de la Chesnaie avec un directoire élu.
Enseignants de tous niveaux, formateurs et animateurs plongés dans des pratiques d’apprentissage et de socialisation.
Descriptif
Le stage PI est l’occasion de s’essayer concrètement à la pratique de la PI : faire vivre et travailler un groupe, y prendre une juste place.
Avec de vrais enjeux : changer de posture, éviter les relations duales, construire un collectif d’apprenants, mettre à distance et analyser le quotidien, construire collectivement des innovations.
Dans un groupe, tout ne va pas de soi, les situations sont parfois conflictuelles et chacun n’y trouve pas toujours une place qui favorise les apprentissages de tous.
La PI tente de faire de la classe un lieu de coopération visant l’investissement de chacun dans les apprentissages, une manière de lutter contre la reproduction des inégalités.
L’objectif général se décline différemment selon le niveau d’avancement dans le cursus.
Trois possibilités d’inscription sont proposées, en tenant compte du nombre de stages PI déjà vécus et de la pratique de chacun : Niveau 1 : s’initier à l’institutionnalisation et à l’organisation du travail coopératif. Niveau 2 : retravailler les dispositifs expérimentés depuis le stage précédent, par l’écriture et l’échange. Niveau 3 : approfondir le travail d’écriture de la pratique et l’écoute ; s’essayer à passer à d’autres les techniques et l’éthique de la PI.
Méthode
Chaque participant s’engagera dans la réalisation coopérative d’une production écrite collective et socialisable, à vendre ou à échanger. À mi-parcours, il s’engagera aussi à participer à l’élaboration d’affiches rendant compte du travail.
Les participants des trois niveaux fonctionneront tantôt ensemble, tantôt séparément.
Ils auront à exercer des responsabilités et à en rendre compte.
Le temps imparti aux diverses activités sera prévu dans une grille de travail. Au-delà, il sera celui que le groupe déterminera.
Le groupe sera ainsi amené à résoudre, dans un cadre préétabli, les questions d’organisation, de moyens, de circulation de la parole, de partage du pouvoir, de prise en compte du désir de chacun. Chaque inscrit s’engage à participer effectivement à toutes les activités de la grille.
Il est vivement conseillé de loger sur place.
Repères théoriques
La PI s’enracine dans la pédagogie FREINET et se nourrit d’apports de la psychologie sociale et de la psychanalyse. Elle a été initiée par F. OURY et A. VASQUEZ
Sous le régime de Vichy, 45000 internés sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe. À l’asile de Saint-Alban, soignants, malades et religieuses luttent ensemble pour la survie et accueillent clandestinement réfugiés et résistants. Grâce aux bobines de films retrouvées dans l’hôpital, Les Heures Heureuses nous plonge dans l’intensité d’un quotidien réinventé où courage politique et audace poétique ont révolutionné la psychiatrie après-guerre.
SORTIE NATIONALE
le 20 AVRIL 2022
CINÉMA LES 3 LUXEMBOURG 67, rue Monsieur le Prince 75006 Paris
Tarifs : Normal 10,60€ / Réduit 8,80€ / Etudiant 7,60€/ Enfant 5€ / Groupe 6€
9e stage de formation Pédagogie Freinet et Pédagogie institutionnelle
8 au 13 juillet 2022 – Louzac Saint-André, Charente
Le groupe charentais de pédagogie institutionnelle propose un stage d’été de formation à la pédagogie Freinetet à la pédagogie institutionnelle ouvert aux enseignants, éducateurs et autres personnes travaillant avec des groupes d’enfants ou d’adultes
Lieu : école de la commune de Louzac Saint-André, Charente (16)
Dimanche 8 juillet (accueil 16 h-17 h) – Vendredi 13 juillet (12 h 30)
Jean-Louis Maudrin nous a quittés le 5 mars 2022. Militant du mouvement Freinet dans lequel il a exercé des responsabilités, notamment au Comité directeur, il a fait partie du groupe Genèse de la coopérative fondé en 1978, auprès duquel je me suis formé à la P.I., puis du groupe Pratiques de la coopérative (1992) avec lequel nous avons continué à proposer des stages de formation à l’approche fondée par Aïda Vasquez et Fernand Oury. Sa présence était la singulière alliance d’une culture étendue, d’un souci de l’autre généreux et grognon, de l’intérêt pour la matérialité des choses et de beaucoup d’humour.
Jean-Louis était un grand lecteur et sa bibliothèque était emplie de poèmes. Il disait la mesurer en mètres, mais je crois que c’était plutôt la poésie qui lui servait d’unité de mesure. Plus d’une fois, il nous a fait entendre des réalisations poétiques et musicales produites par les élèves de ses classes et toujours remarquablement bricolées, au sens le plus créatif du mot. Bien sûr, ses élèves écrivaient des textes libres et, parfois, des poèmes remarquables.
Je me souviens de la dernière phrase de l’un d’eux : « Mourir est un jeu d’enfant ».
Patrick Geffard
En ces temps bien difficiles pour nos camarades qui enseignent (je suis en retraite, du même âge que Jean-Louis), il est urgent de rappeler les temps de luttes. Jean-Louis est pour moi le plus ancien ami du mouvement Freinet. Avec René Laffitte et Jean Claude Colson nous étions les trois mousquetaires. À la fois modeste et ferme sur ses idées, positions et pratiques, il avait une classe remarquable, d’une richesse extraordinaire, au service de ses élèves pour qui il avait une tendresse et une attention parfois apparemment bourrue. Ses monographies resteront des modèles du genre et d’une originalité qui se remarque aux premières lignes. Son empathie s’étendait, au-delà de sa classe et de ses élèves, aux parents et à leur entourage. Pédagogie Freinet, Pédagogie populaire, ce n’étaient pas de vains mots pour lui. Sa collection de photos est d’une richesse extraordinaire en quantité et qualité. Il savait par le choix des clichés mettre en relief une atmosphère, une ambiance. Il n’oubliait pas dans nos rencontres et stages de parler de sa famille, il n’était pas seul quand il nous a quittés. J’ai de lui des souvenirs merveilleux.
Philippe Jubin nous a quittés dans la nuit du 11 au 12 février. Depuis plus de 35 ans, nous avons eu l’occasion de travailler et d’échanger avec lui à de nombreuses reprises, à l’occasion de diverses rencontres autour de la pédagogie institutionnelle (à la clinique de La Borde, lors de différents colloques, dans le comité de pilotage du séminaire sur le concept d’institution et au cours de bien d’autres manifestations encore…).
Titulaire d’un Doctorat en Sciences de l’éducation, Philippe aurait pu devenir enseignant-chercheur, mais il avait choisi de travailler auprès des élèves de la SEPGA, en classe puis en tant que directeur. C’était son « bâton de maréchal » comme il disait en riant… On le comprenait en connaissant ses engagements dans les ateliers relais où il aimait travailler à partir des Misérables de Victor Hugo, ou encore auprès de jeunes mineurs en prison.
En mars 2021, il avait été l’auteur d’une l’intervention très remarquée dans notre séminaire sur le concept d’institution, un séminaire dont il était l’un des acteurs impliqués.
Cette intervention sera publiée comme prévu et nous lui dédierons notre dernière séance, le 18 mai prochain, dans laquelle il serait très certainement intervenu.
Philippe Jubin était l’un des animateurs majeurs du Collectif Européen d’Équipes de Pédagogie Institutionnelle et il a participé, à ce titre, à de très nombreuses activités de réflexion, de formation et de diffusion relatives à cette approche pédagogique que nous partageons. C’était un grand pédagogue de la pédagogie institutionnelle !
Nous nous souviendrons de lui comme d’un homme attentif aux autres, exigeant dans sa réflexion, généreux dans ses engagements, mais aussi plein d’humour.
Ci-joint les références d’un article publié en portugais dans la Revue Électronique d’Éducation sous forme d’interview, dont j’ai rédigé les réponses à partir des questions posées par Fernando Cézar Bezerra de Andrade, Professeur à l’Université Fédérale de Paraíba au Brésil, et Katherinne Rozy Vieira Gonzaga, Psychologue, Docteure en éducation et Psychanalyste.
Andrade, F. C. B., Gonzaga, K. R. V. (jan./dez., 2021). Educação, psicanálise e conflito: entrelaçamentos pela Pedagogia Institucional – entrevista com Bruno Robbes. Revista Eletrônica de Educação, v.15, 1-19, e4008080. ISSN 1982-7199. DOI: http://dx.doi.org/10.14244/198271994008.
La traduction intégrale en français est disponible ici :