HOMMAGE – Jacques Pain, figure inspirante de la pédagogie et des sciences de l’éducation

Ce dimanche 17 janvier 2021, Jacques Pain, professeur honoraire en Sciences de l’éducation à l’université Paris Nanterre, « a rejoint le ciel des pédagogues après une longue nuit de lutte », selon les mots de son épouse Christine qui a annoncé son décès à ses amis. Nous lui devons tous beaucoup : c’était, à tous égards, un vrai pédagogue, chaleureux, toujours présent auprès de ceux et celles qui avaient besoin de lui. C’était un homme qu’on n’oubliait pas : tendre et truculent à la fois, fidèle en amitié et soucieux de contribuer, de manière constructive, aux initiatives éducatives qui, dans le monde entier, promeuvent l’émancipation et la coopération. Car Jacques était tout à la fois, un militant et un chercheur infatigable : militant pour un monde plus juste et qui laisse moins d’enfants et d’adolescents au bord du chemin… et chercheur curieux et rigoureux, sans cesse en quête de nouveaux outils d’analyse et toujours habité par une exigence théorique qui lui a permis d’élaborer des modélisations infiniment précieuses.

Né le 1er juillet 1943 à Mâcon (71) dans une famille populaire, Jacques Pain apprend à lire dans une classe Freinet. Lors de ses études secondaires, à Macon puis à Nevers, il participe à des journaux lycéens, montrant un goût certain pour l’écriture et se faisant remarquer par ses positions contestataires. En 1967, il débute des études de psychologie à l’université Paris X-Nanterre. Il obtient en 1969 une licence de sciences de l’éducation dans cette même université, où cette discipline vient d’y faire son entrée. C’est à cette époque qu’il fait la rencontre décisive de Fernand Oury et découvre la pédagogie institutionnelle (PI) dans les Groupes d’Éducation Thérapeutique (GET). Bien que Fernand Oury soit d’une méfiance « primaire » à l’égard des universitaires[1], il accepte que Jacques Pain co-rédige avec lui la Chronique de l’école-caserne, publié en 1972. Leur compagnonnage ne cessera qu’avec le décès de Fernand Oury.

Militant un temps engagé au parti communiste, Jacques Pain n’en est pas moins toujours resté un esprit libre, luttant sans relâche et dans de multiples institutions, pour une éducation toujours plus émancipatrice et solidaire. Entre février et octobre 1972, il est responsable de la formation des assistants universitaires de l’université de San Salvador. Cette expérience en contexte politique extrême le marquera considérablement : il en gardera un souci constant à l’égard des plus défavorisés et une volonté inébranlable de soutenir les politiques en leur faveur. De retour en France, il enseigne au Collège d’Enseignement Technique de Cormeilles-en-Parisis (95) de 1973 à 1975. Il y pratique les techniques Freinet et la pédagogie institutionnelle. Freinet, Marx, Freud, les travaux anglo-saxons sur les groupes, la psychothérapie et l’analyse institutionnelle constituent ses points d’appui, avec les arts martiaux et la pensée japonaise. À l’époque en effet, il enseigne le karaté-do Kyokushinkai de 1973 à 1978 (alors ceinture noire 1ère dan) et approfondira sa pratique, avec quelques séjours au Japon, jusqu’à la 4e dan.

En 1979, Jacques Pain soutient un doctorat de 3e cycle en sciences de l’éducation, sous la direction de Gilles Ferry, intitulé Une formation à la pratique de l’institutionnel : Pédagogie institutionnelle et formation. Il est nommé assistant en sciences de l’éducation à Nanterre en 1981. Convaincu qu’une véritable formation des éducateurs et des enseignants se doit d’être cohérente avec les valeurs et les principes qu’elle affirme, il met en pratique le modèle de formation élaboré dans sa thèse : multiréférentialité et analyse de pratiques, mise en place d’ « institutions »…[2]. Les années 1980 sont extrêmement prolifiques. Il intervient dans d’innombrables lieux d’éducation et de formation, auprès d’équipes de professionnels dans les champs éducatifs (de l’Éducation surveillée puis de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, à la « Maison de nos enfants » en Belgique et dans des établissements de Protection sociale de l’enfance…) et pédagogiques (dans les écoles La Source à Meudon, Ganenou à Paris 11e, dans les établissements scolaires sensibles de l’académie de Versailles…). Il se joint à Françoise Dolto et à Fernand Oury pour accompagner l’école de La Neuville, dirigée par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram[3].

En 1983, il fonde les éditions associatives Matrice, avec Daniel David et Christine Vander Borght[4]. Elles permettent de diffuser largement la pédagogie institutionnelle, ses ouvrages classiques et actuels, sans lesquels la PI ne ferait certainement pas autant parler d’elle encore aujourd’hui. Des universitaires et des praticiens reconnus y côtoient des professionnels experts. À cette période aussi, Jacques Pain participe à la création du VIRFO (Violences recherches et formations), un collectif d’une vingtaine de chercheurs et de professionnels des sciences humaines et sociales pratiquant tous un art martial ou un sport de combat. Il s’agit d’aider, aux plans professionnel et personnel, à mieux comprendre et à maîtriser les formes de violence à une époque où peu en parlent, par la mise en pratique et la théorisation au plus près des sujets et des groupes. De nombreux stages ont lieu, centrés sur l’approche de la violence dans le champ éducatif et scolaire, la formation des maîtres et des éducateurs, la pédagogie institutionnelle et les méthodes actives. Il devient maître de conférences en 1988.

En 1993, Jacques Pain soutient son doctorat d’État, Pratique de l’institutionnel, recherche-intervention et recherche-formation dans le champ éducatif, sous la direction de Jacques Natanson, puis fonde l’équipe de recherches « Crise, École, Terrains sensibles ». Professeur des universités en 1995, il est une figure incontournable de l’université Paris X-Nanterre participant à sa gouvernance, élu dans divers conseils (1992-2002), siégeant à la commission de discipline (fin des années 1990), dirigeant le service universitaire de la formation des maîtres (1989-1992). Le recteur de l’académie de Versailles le charge d’une mission sur les questions de violence en milieu scolaire entre 1992 et 1994.

Jacques Pain n’en poursuit pas moins ses activités de recherche-intervention. En France et à l’étranger, c’est un intervenant et un conférencier très demandé et apprécié. Il donne des cours dans des universités belges (Mons, Liège, Bruxelles) et suisses (Genève). Il est professeur invité dans les universités de Kyoto (Japon), de Paraïba (Brésil), de Séville (Espagne). Toujours attentif aux pratiques pédagogiques innovantes et fidèle à ses convictions, il est proche de mouvements pédagogiques tels l’ICEM, les Amis de Freinet, le GFEN ou les CEMEA. Dans ses recherches, ses interventions et ses cours, il aborde souvent des objets d’étude inédits, qu’il s’agisse du harcèlement ou du décrochage scolaire, de la sanction, de l’autorité ou de la crise. En se spécialisant sur les pratiques de l’institutionnel et la violence, il tient le yin et le yang de la condition humaine, sans oublier le politique et la psychanalyse, à laquelle les longs compagnonnages avec Jean Oury, Félix Guattari, Pierre Delion ou encore Mireille Cifali l’ont acculturé. Sa culture scientifique témoigne d’une curiosité intellectuelle éclectique et insatiable. Ses textes sont parfois ardus, mais sa production scientifique est impressionnante : 19 ouvrages, 26 ouvrages collectifs, 211 articles, 102 jurys de thèses et/ou HDR dont 19 sous sa direction[5]. Sur la forme, ses manuscrits révèlent une écriture à l’esthétique fine et toujours très lisible. Passionné de littérature, il écrivait aussi des poèmes et des romans policiers.

La pédagogie institutionnelle reste l’affaire de sa vie, son univers d’espérance en un monde plus juste et respectueux de celles et ceux que le sort a écartés. « Attention, être humain ! » écrivait-il, transposant le serment d’Hippocrate à la relation éducative pour en faire le premier invariant des pratiques de l’institutionnel[6]. Il fut l’artisan des rassemblements nationaux des groupes de pédagogie institutionnelle à l’école de la Neuville (1994), à l’INRP (2000), à Lille (2004), à la clinique de la Borde (2006). C’était un pédagogue, praticien et intellectuel, porteur d’un fort message d’humanité, comprenant la vie intérieure des sujets en mal de société bienveillante. Il savait susciter et accompagner les plus désespérés d’entre eux vers le meilleur d’eux-mêmes, pour s’effacer ensuite. Sa forte présence en faisait une figure inspirante, charismatique et iconoclaste. Il savait encore que la lutte était quotidienne, dans ce monde où aucune valeur n’est jamais définitivement acquise. C’était un homme chaleureux et qui aimait la vie.

C’est ainsi que celles et ceux qui ont été proches de lui souhaitaient lui rendre hommage, un hommage collectif.

 

Michel Amram, Fernando Andrade, Halima Belhandouz, Laurence Bergugnat, Yannick Breton, Olivier Brito, Sylvie Canat, Rémi Casanova, Mireille Cifali, Sylvain Connac, Nadine Chéron, Françoise Cros, Pierre Delion, Huguette Desmet, Danielle Emo, Édith Heveline, Jean Houssaye, Marie-Anne Hugon, Gérard Jean-Montcler, Philippe Jubin, Frédérique Landoeuer, Jean Le Gal, Daniel Hameline, Alain Lenfant, Lucien Martin, Philippe Meirieu, Fabienne d’Ortoli, Sébastien Pesce, Catherine Pochet, Jean-Pierre Pourtois, Eirick Prairat, Bernard Quérol, Bruno Robbes, Marie-France Schrèque, Fanny Salane, Alain Vulbeau

[1] Oury, F., & Pain, J. (1972). Chronique de l’école caserne. Paris : Maspéro, p. 42.

[2] Pain, J. (1982). La formation par la pratique. Pédagogie institutionnelle et formation. Vauréal : Micropolis (réédité en 1998 chez Matrice) ; Pain, J. (dir.) (1994). De la pédagogie institutionnelle à la formation des maîtres. Vigneux : Matrice.

[3] http://www.ecole-de-la-neuville.asso.fr/

[4] Aujourd’hui transférées à Champ social éditions : http://www.champsocial.com

[5] Voir son CV complet et son site : (http://www.jacques-pain.fr/jpwp/

[6] Pain, J. (2004, mars). Les invariants. Vers une pratique de l’institutionnel. Institutions, 34, 41-52, p. 44.

Séminaire LE CONCEPT D’INSTITUTION dans les pratiques de l’institutionnel

RAPPEL : mercredi 25 novembre 2020

Séminaire ouvert – à suivre exclusivement à distance en direct : https://www.youtube.com/channel/UCEAR4BxvMQWOGFLHhQp6_5g?view_as=subscriber

Raymond Fonvieille, l’analyse institutionnelle et l’autogestion pédagogique

intervenants : Gilles Monceau – discutant : Laurent Gutierrez

Raymond Fonvieille a été instituteur à Gennevilliers de 1946 à 1972. Militant du mouvement Freinet, il en a été responsable du groupe Île-de-France. Il en est exclu en 1961. Avec Fernand Oury et d’autres instituteurs de la région parisienne, ils seront à l’origine de la pédagogie institutionnelle. En 1964, suite à une « intervention » de Georges Lapassade, les groupes de Fernand Oury et de Raymond Fonvieille se séparent. Les premiers vont approfondir leur orientation psychanalytique et les seconds leur orientation autogestionnaire. Raymond Fonvieille va ensuite renforcer sa collaboration avec les institutionnalistes Lapassade, Lourau et Lobrot au sein du Groupe de Pédagogie Institutionnelle, qui expérimente l’autogestion de l’école primaire à l’université.

On reviendra d’abord sur les origines de l’autogestion pédagogique, au croisement de la pédagogie Freinet, de l’éducation populaire, de la dynamique de groupe et de l’analyse institutionnelle. On tentera ensuite de caractériser cette orientation pédagogique par ses visées, indissociablement pédagogique et politique.

 

Gilles Monceau est Professeur en Sciences de l’éducation et de la formation à l’Université de Cergy-Pontoise où il dirige le laboratoire Ema (École, Mutations, Apprentissages). Il a soutenu en 1997 à l’Université Paris 8 une thèse en Sciences de l’éducation, sous la direction de René Lourau, proposant une conceptualisation de la résistance en éducation. Chercheur en analyse institutionnelle, il a formalisé la démarche Socio-clinique institutionnelle dans une HDR soutenue en 2009.

Contacts : Bruno Robbes, PU en Sciences de l’éducation, Laboratoire EMA (EA 4507) :

bruno.robbes@cyu.fr

Citéphilo – Éduquer, instituer, porter, contenir pour transmettre – Pierre Delion

La 24e édition de Citéphilo à Lille et dans les Hauts de France ne pourra pas se tenir cette année en présence du public. Nous avions prévu de commencer la saison avec une conférence inaugurale de Pierre Delion. C’est devenu un entretien d’une heure entre Pierre Delion et Jean-François Rey.

Le voici :

www.citephilo.org

Séminaire LE CONCEPT D’INSTITUTION dans les pratiques de l’institutionnel

RAPPEL : mercredi 21 octobre 2020

17h15-19h15 – Université de Cergy-Pontoise – Site de Gennevilliers – ZAC de Barbanniers – Avenue Marcel Paul – Amphithéâtre

Le concept d’institution et la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury et Aïda Vasquez

intervenants : Frédéric Canac, Bruno Robbes

discutant : Patrick Geffard

La pédagogie institutionnelle initiée par Aïda Vasquez, Fernand Oury, les enseignant·e·s qui ont travaillé avec eux et ceux qui s’en réclament aujourd’hui, utilise le concept d’institution avec des significations multiples. En référence à la psychothérapie institutionnelle, Fernand Oury (2004. 1re édition 1981) précise que « Ce qui soigne ce n’est pas l’institution mais l’institutionnalisation » (p. 11). Ainsi, l’institution renvoie aux institutions internes. « L’institution est une structure élaborée par la collectivité tendant à maintenir son existence en assurant le fonctionnement d’un échange social de quelque nature qu’il soit » (Michaud, 1977, p. 33).

Mais les institutions sont aussi les « outils » que la pédagogie institutionnelle a institués, structurées en atomium, c’est-à-dire en « réseau d’institutions » (Imbert, 2010, p. 127) : techniques Freinet de travail coopératif, organisation en sous-groupes fonctionnels, ceintures de couleur donnant un statut, monnaie intérieure, fonctions et rôles, lois de fonctionnement, lieux de parole divers en particulier le conseil, lieu de décision, « institution instituante : le lieu du pouvoir réel bien que limité à la classe » (Oury, id., p. 12). Dans quelle mesure ces institutions instituées/instituantes – dont la première tâche de l’enseignant est de prendre soin – favorisent-elles ou non les différenciations et les échanges, permettant au sujet de se tenir debout ?

Quant aux institutions externes, elles relèvent souvent d’une structure pyramidale (à l’instar de la tour Eiffel), d’ « Appareils Idéologiques d’État » (Althusser, 1976) dont l’inertie et l’absurde sont sans cesse dénoncées, comme à travers l’école-caserne (Oury & Pain, 1972). Ainsi, cette pédagogie institutionnelle résiste de l’intérieur, se développant dans les interstices de l’institution École qu’elle questionne par son existence même, générant aussi des mécanismes de défense en son sein.

À travers la reprise des textes de référence et la présentation de pratiques singulières de pédagogie institutionnelle, le concept d’institution sera remis sur le métier. Qu’est-ce qui fait institution dans la classe ? Comment les institutions sont-elles portées par le groupe des élèves et l’enseignant.e ? Quels liens existent aujourd’hui avec et entre les institutions externes et internes ?

Frédéric Canac est professeur des écoles, doctorant en sciences de l’éducation à l’Université Paul Valéry de Montpellier et l’un des membres fondateurs de La Brique, Association Toulousaine de Pédagogie Institutionnelle. 

Bruno Robbes est professeur des universités en Sciences de l’éducation à CY Cergy Paris Université, laboratoire EMA (École, Mutations, Apprentissages). D’abord instituteur, il a pratiqué la pédagogie institutionnelle et reste impliqué dans ce mouvement. Il est à l’origine de la création du réseau Pédagogie Institutionnelle International (https://reseau-pi-internationa.org/), en 2016. Après avoir étudié l’autorité en éducation, il mène désormais des recherches-actions de pédagogie, accompagnant des équipes d’enseignants pratiquant des pédagogies coopératives, institutionnelles, « différentes », dans une perspective de réflexivité sur les pratiques et de production de connaissances scientifiques.

Séminaire ouvert – Possibilité de le suivre en direct : https://www.youtube.com/channel/UCEAR4BxvMQWOGFLHhQp6_5g/featured?view_as=subscriber

Contacts : Bruno Robbes, PU en Sciences de l’éducation, Laboratoire EMA (EA 4507) :

bruno.robbes@cyu.fr

Rappel au droit à l’expérimentation au sein de l’éducation nationale

Le lycée autogéré de Paris, Le Lycée Expérimental de Saint-Nazaire et l’Association pour un Collège Coopératif Polyvalent à Aubervilliers publient un rappel au droit à l’expérimentation au sein de l’éducation Nationale que vous pouvez télécharger ici.

Les auteurs appellent à une journée de mobilisation le mercredi 8 octobre :

Rendez-vous à 14h devant le collège Gisèle Halimi, 45 rue Sadi Carnot à Aubervilliers, Métro Aubervilliers-Quatre-Chemins, ligne 7 – Marche jusqu’au Métro Front Populaire.
Rendez-vous à 16h au Ministère, Métro Solférino, ligne 12

À paraître et en prévente, Les chemins du collectif, Andrès Monteret

Les chemins du collectif

Comment faire de la classe un lieu d’action collective tout en permettant à chacun de s’engager individuellement ? Comment analyser le monde et s’y engager de façon critique ?
Née de la rencontre de la pédagogie Freinet, du marxisme, de l’autogestion, de la psychanalyse et des sciences humaines, la pédagogie dite “institutionnelle” cherche des outils théoriques et pratiques pour penser le rapport aux contenus, aux élèves, au monde en s’inscrivant clairement dans une démarche d’émancipation.
Les Chemins du collectif se veut une entrée en pédagogie institutionnelle. En partant de pratiques de classes, chacun·e peut découvrir les éléments fondateurs de la pédagogie institutionnelle, percevoir leur dimension révolutionnaire pour questionner et transformer ses propres pratiques.

L’auteur

Andrés Monteret est enseignant depuis 2001. Il travaille à Paris en éducation prioritaire. Syndicaliste, il est membre du collectif d’animation du site et de la revue Questions de classe(s) et du groupe de pédagogie institutionnelle de Paris-Créteil.

Libertalia lance un appel à soutien en faisant une prévente du livre :

Les Chemins du collectif (Andrés Monteret) // Les éditions Libertalia

Séminaire LE CONCEPT D’INSTITUTION dans les pratiques de l’institutionnel (2ème année)

RAPPEL : mercredi 23 septembre 2020

17h15-19h15 – Université de Cergy-Pontoise – Site de Gennevilliers – ZAC de Barbanniers – Avenue Marcel Paul – Amphithéâtre

La transversalité : de Guattari à Lourau, quelle(s) continuité(s) et quelle(s) rupture(s) ?

intervenante : Dominique Samson

discutante : Virginie Dufournet Coestier

La notion de transversalité est proposée en 1965-1966 par Guattari dans le premier numéro de La revue de la psychothérapie institutionnelle puis dans son livre Psychanalyse et transversalité en 1972. Lourau lui consacre plusieurs développements dans L’analyse institutionnelle en 1970. Par la suite, cette notion continue à apparaître dans les travaux du courant “vincennois” de l’analyse institutionnelle, mais semble s’éloigner de plus en plus de l’acception posée par Guattari.

Il s’agira de mettre en regard les différentes définitions et usages de cette notion avec sa genèse sociale – c’est-à-dire avec les pratiques professionnelles et militantes qui accompagnent son élaboration. Et ce, afin de prendre la mesure des continuités, des divergences et des tensions entre les différents courants d’analyse institutionnelle – notamment en termes de posture.   

Dominique Samson est formatrice indépendante, chercheuse associée au laboratoire EMA. Docteure en Sciences de l’éducation, elle a effectué la totalité de son parcours universitaire à l’Université Paris 8. Elle a fait partie de l’équipe de coordination des Cahiers de l’implication – revue d’analyse institutionnelle de 1995 à 2010 et en a exercé la co-direction de 2006 à 2010. 

Séminaire ouvert – Possibilité de le suivre en direct : https://www.youtube.com/user/ucergy

Contacts : Bruno Robbes, PU en Sciences de l’éducation, Laboratoire EMA (EA 4507) : 

bruno.robbes@cyu.fr